Articles pour le mot-clé ‘web’


Ces dix dernières années, beaucoup de sites jeunesses gravitant autour de séries télé [souvent grâce aux fonds de production multimédia Quebecor et Bell] ont vu le jour. C’est à travers ces sites que les producteurs de matériel pour enfants ont pu inculquer de nouveaux messages ludo-éducatifs. Mais nous, producteurs et artisans de l’industrie du Web, avons-nous écouté les véritables besoins de ces jeunes ou avons-nous plutôt été obnubilés par l’objectif de ROI de ces projets?

Personnellement, je crois que ces deux objectifs peuvent faire bon ménage et que nos entreprises peuvent servir ces deux causes : le meilleur des deux mondes quoi.

Trois constats importants aujourd’hui:

  1. Le jeune passe énormément de temps devant son ordinateur et a développé des aptitudes particulièrement poussées à l’utilisation des appareils numériques. D’ailleurs, c’est de plus en plus à travers des plateformes mobiles qu’il  devient un nomade numérique. Grâce à son cellulaire, sa console et autres appareils portables il est désormais continuellement  connecté à Internet, monde virtuel qui le déconnecte de la vie réelle.
  2. À travers le développement du Web et de ses applications, c’est de plus en plus un besoin HUMAIN qui semble vouloir animer notre société : reprendre contact avec les autres. En effet, depuis 5 ans environ, les réseaux sociaux [lieux de rencontres et de partages d’informations entre internautes] se sont multipliés et développés. Aujourd’hui, c’est la quasi-totalité des jeunes qui se connecte plusieurs fois par jour sur des réseaux tels que Facebook, leader dans le domaine.
  3. L’avenir du numérique passera par l’immersion! Plus les années passent, plus les technologies se développent. Ce n’est pas un secret et ce qui l’est encore  moins c’est que l’avenir se trouve dans le développement des interfaces qui, encore aujourd’hui, sont  très primitives [utilisation de la souris, visualisation sur de petits écrans 2D, etc.]. L’immersion c’est le réel.  Nous cherchons dans le Web une interface pour nous transposer dans le virtuel. C’est le paradoxe du millénaire, nous recherchons dans un monde virtuel quelque chose de naturel voire même une réalité plus grande que nature. Dans le même sens, nous assistons à l’éclosion de nouvelles  plateformes 3D destinées à plusieurs utilisateurs à la fois (jeux massivement multi-joueurs par exemple) reproduisant le jeu collectif.

cyberworldLe développement et l’attention des créateurs de contenus numériques devra donc inexorablement se porter sur  la compréhension et la conjugaison de ces trois constats.

Chez  w.illi.am/, nous développons des plateformes Web à travers desquelles les internautes peuvent naviguer dans des environnements faisant appel à la réalité. Les jeux et autres fonctionnalités devront stimuler le côté ludo-éducatif par un haut niveau d’interactivité faisant référence à diverses techniques d’immersion, par exemple, voyage dans des univers 3D ou vidéo.

Les interfaces doivent être très réfléchies et orientées vers le naturel et le réel.

Afin de combiner cela à la culture nomade, nous devons penser à l’utilisation multiplateforme auxquelles ces internautes ont accès : cellulaires, ordinateurs portables, ordinateurs à l’école, consoles et autres. Il faut surtout connecter l’internaute à son réseau et  le laisser interagir avec ce dernier tel qu’il le désir. Ainsi,  nous pourrons aider au développement des réseaux individuels et par le même canal promouvoir le projet par la communication virale.

Ramener les jeune vers la vraie vie,  c’est le défi que nous pouvons relever en développant des sites leurs permettant de rencontrer d’autres personnes, en chair et en os à l’occasion de découvertes, d’échanges et de jeux.

Un vœu pieu? Non, bel et bien une réalité à augmenter.

J’assistais récemment à une conférence traitant  des nouveaux outils web et dans ce cadre écoutait une conférence d’un jeune prêcheur qui pourfendait les vieux décideurs à grosses faces et aux cheveux gris qui n’avaient rien compris. Bien entendu du haut de mes 53 ans,  gras du bide  et juste un peu beaucoup de gris je me suis senti interpellé! Le seul trait de caractère qui ne m’allait pas dans cette description très subtile de nos décideurs et décideuses québécoises est le fait que je navigue et entend les discours de ces faux prophètes du web depuis plus de 15 ans, ceux qui ont prêcher à tour de rôle que hors du push, du pull ou du flash il n’y avait point de salut. La plupart de ceux-ci ils sont disparus du paysage du web montréalais, lapidés au oubliés, et lorsqu’ils ont criés dans la vallée : Père pardonnez-leur car ils n’ont rien compris… il ne s’est trouvé personne pour les pleurer. Alors voici en peu de  mots ma réaction épidermique à tous ces faux prophètes actuels qui clament trop haut et fort que hors des médias sociaux point de salut, et que nous n’avons rien compris.

Premièrement je serais tenté, en vieux sage que j’suis (!), de confier deux paraboles forts simples que ces faux prophètes auraient intérêt à écouter. La première vient probablement d’un vieux cheminot grisonnant qui dit : Pour bien savoir ou l’on va, encore faut-il faut savoir d’où l’on vient… La seconde, est que: Pour ceux qui croient que lire le texte résumé de la page arrière de la couverture d’un livre est suffisant pour comprendre les nuances exposées dans les 375 premières pages d’un livre, qu’ils se gourent royalement.

Comprenez-moi bien, je reconnais d’emblée que le phénomène des médias sociaux est un méga phénomène planétaire et il y a beaucoup d’intervenants à Montréal comme ailleurs qui l’aborde de façon lucide et éclairée, ceux-ci ne se sentiront pas interpelés par mon propos j’en suis certain et auront tendance à décrier les sermonneurs. Quand on me sert justement le sermon que les médias sociaux sont TOUT, au lieu que ceux-ci font partie d’un tout beaucoup plus complexe, voici un discours doctrinaire auquel je ne veux et ne peut adhérer.

Chers décideurs et décideuses qui avez commis l’erreur de naître dans les années 40, 50 ou 60, gardez la tête froide, pour la plupart d’entre vous les décisions que vous avez prises ces 5, 10 voire 15 dernières années  sont la preuve que vous avez probablement compris certaines choses. Que l’on vous propose de vous accompagner dans la découverte d’une nouvelle tendance planétaire qui influence à coup sur le cours de vos affaires soit, mais que l’on vous propose de vous convertir en vous agenouillant tête baissée à l’autel de l’inculte pour recevoir le baptême de la nouvelle ère et l’inspiration divine, non, simplement non.

Mais ais-je vraiment besoin de vous dire cela? Je ne crois pas, vous l’avez bien compris.

Dans ma pratique de tous les jours je rencontre de plus en plus de gestionnaires de grandes entreprises se sentant bousculés par les défis que posent aujourd’hui le web. Remarqué qu’on serait tenter de dire : eh bin, il est temps qu’ils se réveillent! Mais l’affirmation comme l’équation n’est pas si simple qu’il en paraît d’autant plus que ces derniers, les décideurs, ont dû composer et compose toujours avec un ralentissement économique qui a imposé sa loi des mesures de guerre.

Il ne faut pas se leurrer, nous sommes toujours au front et ce, même si les tirs de mortiers lourds se sont quelque peu espacés et que quelques bonnes nouvelles font office de drapeau blanc afin que cesse les hostilités. Il y a un vieux dicton dans l’industrie des technologies de l’information qui veut que nous soyons toujours les premiers à subir les contrecoups d’un ralentissement ou d’une crise économique mais que nous sommes toujours aussi les premiers à en sortir. Très honnêtement, ayant vécu professionnellement au moins trois crises semblables en plus du dégonflement de la bulle technologique de 2000, je déclare sans ambages : C’est vrai…..

Ce qui est aussi vrai, est le fait que la grande entreprise fait maintenant face à de nouveaux défis provoquer par l’évolution du média web. Sans prétention, j’en expose ici quelques uns qui nous reviennent de plus en plus souvent en cabinet conseil.

L’utilisation des logiciels du type Open Source

Débat combien intéressant qui bouleverse bien sûr l’industrie établi et qui oblige les décideurs à prendre position favorable vers  une quasi industrie parallèle favorisant la gratuité (donc potentiellement intéressant au niveau de la réduction de coûts) mais qui ne garantit pas (du moins pas encore totalement) la pérennité des produits. Dilemme moral, économique et stratégique.

Le web 2.0 et les médias sociaux

C’était tellement plus simple de se faire livrer le verbatim des principaux médias sur son bureau le matin, d’en dégager les grandes tendances et de prendre action en conséquence. En fait je parle au passé simplement par gentille provocation puisque bien sur les médias écrits et électroniques traditionnels ont toujours leurs places, cependant celle-ci est inexorablement érodée par les médias sociaux. De plus en plus de décideurs comprennent que les médias sociaux ne sont malheureusement pas simplement une plateforme de clavardage que leurs adolescents utilisent. Le poids média des médias sociaux est devenu important, impossible de gérer une marque, une entreprise, une réputation, une communication efficace sans considérer les médias sociaux. Dilemme communicationnel.

Gestion des ressources humaines

Avec la mondialisation,  l’accessibilité des pays émergeants aux marchés mondiaux et leur industrialisation a provoqué l’effondrement ou du moins une crise sévère dans l’industrie manufacturière en Amérique du Nord. On produit en Chine et ailleurs pour beaucoup moins cher. Naturellement nous nous sommes tournés vers la matière première la plus importante qui soit, l’or gris; nos cerveaux! Pour performer, se démarquer et maîtriser des marchés on doit posséder les meilleurs éléments humains. Or, il n’a jamais été aussi facile de changer de boulot grâce au web en partie. Les Workopolis, Monster ou Linkedin de ce monde permettent à n’importe quel employé de se vendre via le web à un réseau mondial d’entreprises prêtes à les débaucher. Dilemme humain.

Impartition ou non

Pour beaucoup de grandes entreprises la question se pose, le média web évolue à vitesse grand V, les technologies s’y rapportant également, il est devenu hasardeux et coûteux d’avoir une infrastructure web dans l’entreprise quand le core business est tout autre. Par contre, puisque le web est maintenant omniprésent dans toutes les ramifications de l’entreprise (ressources humaines, relation avec les investisseurs, relation avec la clientèle, ventes et services après vente, communication générale etc.) doit-on confier à l’externe des fonctions vitales du fonctionnement de l’entreprise? Dilemme structurel.

Je pourrais en lister encore quelques uns mais ceux-ci m’apparaissent pour l’instant tellement criant que j’ai l’impression d’entendre l’écho du big-bang….technologique!